Dans cette interview, Ugo Zamparo, photographe réalisant des reportages en crèche, nous partage son expérience pour capturer les moments authentiques de la petite enfance. Découvrez son témoignage. 

Pouvez-vous vous présenter ? Quels types de reportages réalisez-vous ?

Je suis Ugo Zamparo et je suis photographe depuis de nombreuses années. J’ai commencé à Paris, puis je suis passé par la Rochelle. Depuis 2 ans, j’ai mon studio dans le Périgord. Je fais surtout des reportages de mariage mais aussi des portraits de famille, de la photographie scolaire et enfin de la photographie de crèche.

Quand avez-vous débuté les reportages dans des crèches ?

Je me suis lancé l’année dernière dans la photographie de crèche et tout est allé très vite ! J’ai commencé par une première micro crèche, elle a apprécié mon travail donc j’ai pu faire les cinq autres micro crèches de l’association. J’avais comme objectif d’en faire une ou deux et finalement j’ai pu en faire six. Cette année, je vais en faire huit.

enfant

Qu’est ce qui vous a incité à en faire ?

La période du Covid a été une vraie claque, elle m’a fait comprendre que je devais me diversifier. C’est comme ça que je me suis lancé dans le scolaire et la photographie de crèche. J’étais vraiment à fond dans le mariage, maintenant j’apprend à essayer d’autres choses et c’est vraiment chouette. 

Pour les reportages en crèche, je sais que si je n’avais pas eu un enfant, jamais je ne me serai lancé. Avoir un enfant ça aide beaucoup : avant je ne connaissais pas les enfants, je n’avais aucun contact avec eux. Maintenant je comprends mieux leurs réactions et leurs comportements.

Comment préparez-vous un reportage en crèche ?

Pour moi, c’est un mix entre les reportages classiques et la photographie scolaire. Mon but c’est d’obtenir plusieurs photos de chaque enfant, j’essaye d’avoir un nombre identique pour chacun. C’est là qu’on retrouve l’aspect “scolaire”. Je fais aussi des photos instantanées, je ne cherche pas à faire poser les enfants dans un décor. Je m’adapte aussi à l’environnement : une fois, une crèche pour Noël avait installé un coin dédié avec un sapin et une tente. Je n’ai pas hésité à prendre des photos dans ce coin là. Il ne faut pas oublier qu’ils sont petits, ils ont entre 6 mois et 3 ans. Les plus grands ça peut aller, mais on ne va pas demander à un enfant d’un an de poser en regardant le photographe. Ce n’est pas ma vision des choses. 

Je m’imprègne vraiment de l’ambiance de la crèche, je les prends en photo en train de jouer. Si le personnel est en train de faire une animation, je prends des photos pendant ces moments là. Je fais en sorte qu’ils me regardent, j’essaye de les faire rire pour obtenir un sourire. À chaque fois, j’ai quand même un grand choix de portraits pour chaque enfant. 

Quelle prestation proposez-vous aux crèches ?

Lors de ma rencontre avec le personnel, je commence par présenter mon travail et ma vision des choses. C’est pour les rassurer par rapport à ce que je propose, car je vois que l’idée de faire poser les enfants ne leur plait pas. D’autant que dans certaines crèches, il y a eu des mauvaises expériences par rapport à ça. J’essaye de faire le même nombre de photos par enfant, mais encore une fois on s’adapte à la taille de la crèche. Pour une micro crèche de 13 enfants je propose 5 photos par enfant. Une grosse crèche avec 35 enfants, c’est plus compliqué, mais j’ai tout de même réussi à en proposer 4. Il y a toujours des enfants plus avenants où ça sera facile d’obtenir 4 photos, et d’autres où ça sera plus difficile. Ce sont les aléas du métier. Moi je suis dans la campagne en Dordogne, je ne fais pas de grosses crèches avec beaucoup d’enfants. Ensuite, les parents sont libres d’acheter les photos. Selon les crèches, je reverse un pourcentage des ventes ou pas. 

Qu’est ce qui fait la particularité de ce type de reportage ?

Vis à vis de la photo scolaire c’est différent, on ne fait pas poser les enfants à la chaîne. En crèche, on s’imprègne vraiment de la vie. Tout le monde fait sa vie, un peu comme dans un mariage quelque part, sauf qu’on a un certain objectif par enfant. 

Moi j’adore prendre les enfants dans leur univers quand ils sont en train de jouer. Certains enfants sont très naturels, ils s’assoient sur moi quand je prends des photos, c’est rigolo. Ils cherchent aussi à jouer avec moi, c’est génial. Dans les micro crèches, le lien avec le personnel et les enfants est plus fort.  

enfant

Quelles sont les attentes des parents ? Qu’est ce qu’ils apprécient particulièrement ?

A l’issue de cette première année, j’ai remarqué que le beau portrait avec un grand sourire, c’est ce qui se vend le mieux. Je pense qu’il en faut au moins un à chaque fois, c’est celui qui terminera encadré dans la maison des parents. Les photos de l’enfant en pleine activité ça se vend un peu moins bien, mais ça se vend aussi. Si l’enfant ne sourit pas, bien sûr ça passe moins. Il ne faut pas oublier que nous les photographes, on est pas notre propre client : même si le cadre est important, les parents cherchent surtout à voir le visage de leur enfant. Après ça se discute, les goûts varient, mais en crèche, un portrait classique avec un grand sourire, c’est celui qui sera choisi par les parents.

Quel est le rapport des enfants à la photo ? En quoi c’est différent des adultes ? 

A mon avis, c’est plus simple avec les enfants. Quand tu rentres pour la toute première fois dans la crèche, on sent tout de suite un moment de calme (rires). Les 10 premières minutes je ne dis rien, je laisse les enfants s’habituer à ma présence et après ils font leur vie. Certains ont toujours un peu peur quand je m’approche. J’ai vu une petite de 8 mois qui, dès qu’elle voyait que l’appareil photo était sur elle, se mettait à pleurer. Ça arrive ! 

Moi je n’ai pas de soucis, je les laisse vraiment faire, c’est très important l’approche. Je sais que les enfants ont besoin d’un temps d’adaptation, si on rentre dans leur cercle d’intimité, ils n’aiment pas. Il faut que ce soient eux qui viennent vers nous. Il faut comprendre comment fonctionne un enfant, et surtout le respecter au même titre que si c’était un adulte. Quand ils ne veulent pas sourire, je demande au personnel de m’aider : elles se mettent derrière pour faire rire et généralement ça marche très bien. 

La dernière fois, je prenais les photos et j’avais 4 gamins qui me tournaient autour. Pour moi c’est top, ça veut dire qu’ils m’ont accepté dans leur bulle. Voir qu’ils me font confiance, ça fait trop plaisir. Sur le coup, quand tu prends en photo un enfant plus loin et qu’un petit colle son visage sur l’appareil photo, bon ce n’est pas top (rires). Mais c’est tellement mignon !

Est-ce rentable ? Comptez-vous poursuivre les reportages en crèche ?

Dans l’immédiat je vais continuer, après, continuer sur le long terme, à voir. En termes de rentabilité, ce n’est pas si important mais c’est suffisant. Par exemple, je fais aussi des photos de famille en studio, je vois la différence vis à vis du temps passé et du gain généré. Il faut aussi réussir à les caser entre les mariages, la photo scolaire etc… L’avantage de la crèche c’est qu’on fait de chouettes portraits, mais il y a aussi plus de boulot derrière. Il y a aussi plus de ventes, mais moins de monde. 

L’année dernière j’ai eu une année plutôt stable en termes de ventes, ça dépend aussi de la période où l’on vend ses photos. Avant Noël, c’est mieux que pendant les vacances d’été ou à la rentrée. L’année dernière pour une micro crèche de 13 enfants, j’étais à 700/800 euros de chiffre d’affaires. 

Est-ce que ça demande des compétences techniques particulières ?

Pas particulièrement, il faut savoir forcément exposer une photo mais c’est la base de tout photographe professionnel. Réussir à capter le regard, saisir le bon moment et avoir un matos performant, ça aide. 

Le plus important, c’est surtout d’avoir le feeling avec les enfants. Il ne faut pas essayer de le faire en se disant “je vais gagner 600 balles”. S’il n’y a pas un bon relationnel avec les enfants ils vont le sentir, il faut avoir envie de le faire et que ça vous fasse plaisir. Les compétences sociales sont au cœur de cette expérience, la photo est presque secondaire. 

Un conseil clé pour un photographe voulant se lancer dans les reportages de crèche ?

N’hésitez pas à préparer quelques photos avec des enfants pour pouvoir les montrer aux crèches. Par exemple, j’ai pris des photos de mon fils en train de jouer dans mon salon pour montrer ce que je peux faire dans la crèche. Ça peut aider, si c’est possible.

Mais surtout ne proposez pas des tarifs bas, on n’est pas dans la photo scolaire, on ne propose pas la même chose. On est en crèche, il n’y a pas la réglementation scolaire qui s’applique. La photo c’est un tirage, un support papier, ce n’est pas du numérique. Ne vendez pas du numérique, sinon vous ne vendrez rien d’autre derrière. Moi je vends des tirages à l’unité, mais aussi des cadres et accessoires : les magnets, porte-clé, boule à neige avant Noël… il ne faut pas se priver, ça se vend très bien. Je fais entre 60 et 80 euros de panier moyen par enfant. Pourquoi se brider à une pochette à 20 euros comme en école ? Je fais du scolaire donc je vois la différence entre les deux : en scolaire, on se rattrape sur le volume d’enfants.

Faites bien votre boulot, j’ai certains clients de crèche qui sont revenus pour des séances en studio. On peut toujours déboucher sur autre chose. Moi le numérique, je l’offre à partir de 80 euros d’achat sur le fichier qu’ils ont acheté. A mon sens, ne vendre que du numérique, c’est se mettre une balle dans le pied. Il faut vendre ce qui plait au client mais aussi ce qui est bon pour notre activité. C’est un équilibre à trouver. Il m’arrive d’avoir des commandes à 200 euros, on leur apporte plus que des photos : on leur apporte des souvenirs, un service. Il ne faut pas l’oublier. 

Que pensez-vous de Lumys Scolaire ?

J’ai commencé à m’en servir car le bon de commande papier était lourd à gérer, tout vérifier c’est long. Je passe par Lumys Scolaire pour gagner du temps, me faciliter la tâche. J’ai pu boucler deux crèches en deux heures alors qu’avant une seule crèche me prenait facilement une demi-journée. Ce n’est pas négligeable, sans parler du risque d’erreur qui est bien réduit.

 

enfant

Découvrez le travail d’Ugo Zamparo

Instagram : https://www.instagram.com/zamparougo/

Facebook : https://www.facebook.com/zamparougo/?ref=bookmarks

Site Internet : https://zamparo.fr/

Crédits Photo : Ugo Zamparo